Bonjour! Je m’appelle Lydia Raddon.
Parfois, je blague en disant qu’être bilingue ne signifie pas que tu peux parler deux langues, ça veut juste dire que ta difficulté linguistique est multipliée par deux! Peut-être que ceci n’est pas le cas pour toi, mais si tu trouves que c’est difficile d’être bilingue (peu importe les langues), sache que tu n’es pas la seule personne à vivre ça!
L’année dernière, j’ai participé à la série KAPSUR (s’ouvre dans un nouvel onglet), une série documentaire jeunesse sur TFO qui explore la vie de jeunes francophones dans différentes régions rurales du Canada.
Je vis à Blind River, dans une petite ferme, avec mes parents et mes sœurs. Dans ce petit village du Nord de l’Ontario, j’ai grandi dans une communauté composée de francophones et d’anglophones.
Mes parents sont anglophones. À la maison, nous ne parlons qu’en anglais. Mais, depuis la maternelle, je fréquente des écoles francophones. Donc, mes enseignants et enseignantes et mes camarades de classe ont toujours été francophones.
En dehors de l’école, j’ai grandi proche de la communauté francophone. Depuis plusieurs années, je pratique le biathlon et le ski de fond, et mes entraineurs et entraineuses sont francophones.
En grandissant, je me suis engagée plus dans ma communauté francophone. J’ai commencé à écrire des articles pour Le Voyageur, un journal local, à travers leur programme pour les jeunes : Tapage. J’ai aussi été nommée élève conseillère de mon conseil scolaire. Mais, je me demandais encore, « est-ce que je m’intègre bien? ». Mon français n’était pas aussi bon que mon anglais et j’en avais un peu honte.
À ma grande surprise, j’ai eu la chance de participer à l’émission KAPSUR, qui cherchait des jeunes qui parlaient très bien français. Au début, je n’étais pas sûre de vouloir participer au tournage, mais ma famille m’a encouragée à accepter. Donc, mon aventure avec KAPSUR a commencé.
L’équipe de tournage est venue à Blind River et m’a suivie pendant plus de deux jours. La réalisatrice est venue avec une équipe de deux personnes. Tout le monde était aimable et c’était agréable de faire leur connaissance. L’équipe a filmé un de mes entrainements de biathlon, mes corvées à la ferme, et même une promenade dans le village. Nous nous sommes beaucoup déplacés : à ma maison, à mon église et à mon école!
Finalement, cela a été une expérience merveilleuse. J’ai eu l’occasion de montrer une grande partie de ma vie quotidienne et pas seulement les parties qui sont en français. L’expérience m’a rappelé que ma vie se passe en français et en anglais et que je ne changerais ça pour rien au monde.
Il y a même un membre dans leur équipe qui parlait uniquement anglais et j’ai aimé pouvoir échanger avec tout le groupe dans les deux langues. C’est là que j’ai réalisé qu’être bilingue, c’est plus qu’être capable de parler deux langues, c’est une opportunité d’échanger avec plus de personnes, de toucher plus de vies.
Maintenant, je suis en 12e année. Mon expérience avec KAPSUR remonte à 18 mois et je suis prête à continuer mon aventure. Je vais présenter une demande au Collège Boréal au baccalauréat en soins infirmiers pour continuer mon éducation en français. De cette façon, je pourrai maintenir mon niveau de français et, en devenant infirmière, je pourrai aider les patients et patientes en anglais ou en français!
Si tu vis le même défi que moi pour apprendre une autre langue, l’attitude la plus libératrice, c’est d’avoir de la reconnaissance pour toutes les opportunités que le bilinguisme t’apporte. Ne te soucie pas de ce que les autres pensent de toi et continue. C’est ça la persévérance, continuer malgré les difficultés.