Moments de joie francophone avec Mehdi Cayenne

Publié le 26 février 2026

Un large sourire, une étincelle permanente dans les yeux, des anecdotes issues de nombreuses expériences, voilà qui résume assez bien notre rencontre avec Mehdi Cayenne, co-porte-parole des Rendez-vous de la Francophonie 2026. Né en Algérie, cet auteur-compositeur-interprète a vécu dans plusieurs villes canadiennes avant de s’installer à Montréal. L’équipe du Portail linguistique a eu beaucoup de plaisir à faire sa connaissance et vous invite à découvrir cet artiste attachant.

D’entrée de jeu, nous abordons avec lui les expressions régionales et les accents qui l’ont particulièrement marqué. Partout où il passe, il remplit son carnet imaginaire de la parlure des autres et en tient compte quand vient le temps d’écrire une chanson. Il donne l’exemple d’une phrase en chiac, une variété du français acadien, qu’il a entendue à propos du printemps qui revient : « C’est comme si tout le monde était mouru et là tout le monde est revivu. » Si Mehdi aime les phrases aussi colorées, il y a fort à parier qu’il a souri en voyant le concours Comme on dit par chez nous (s’ouvre dans un nouvel onglet)!

Il cite d’autres régionalismes, cette fois de l’Outaouais : se faire lutter, qui signifie « se faire renverser » et flyer, qui veut dire « s’en aller ». Le jeu fait partie intégrante de son processus artistique. Il utilise même un dé à 20 faces et attribue une caractéristique musicale à chacune des faces : tempo, gamme, thème, etc. Il explique que créer, ce n’est pas seulement puiser dans des moments émotionnels forts. Une chanson peut prendre forme de différentes manières.

Fierté francophone

Quand on lui parle de la fierté d’être francophone, Mehdi répond : « Cela fait partie de ce que je suis, comme avoir deux jambes. Je suis reconnaissant, certainement. » Il évoque diverses rencontres et se remémore une classe d’écriture de poèmes en français qu’il a animée à Moscou, où il s’est senti reconnaissant de pouvoir faire connaître des expressions de chez lui et de repartir avec des expressions d’ailleurs. Aller à la rencontre de l’autre, c’est l’occasion d’apprendre de nouvelles expressions et d’adopter de nouveaux proverbes, par exemple, ce proverbe en créole qu’il affectionne particulièrement : Dèyè mòn, gen mòn, qui veut dire « derrière les montagnes, il y a toujours d’autres montagnes ». Puis, il réfléchit plus longuement à la fierté d’être francophone, sentiment intrinsèque et indissociable de son identité, et il conclut : « Les moments de joie francophone sont plus faciles à localiser que les moments de fierté. »

Mehdi s’intéresse beaucoup aux jeunes, comme en témoignent ses expériences et ses projets. Nous lui demandons s’il a un conseil à donner à la relève qui souhaite percer dans le domaine de la musique ou des arts en français, et sa réponse reflète sa poésie colorée et sa passion :

Il faut que le désir de faire de l’art ait sa propre légitimité. C’est pas tout le monde qui a le désir de faire la chose et de continuer. Ce désir est le tarif d’entrée. Parfois, on parle de talent ou de conditions sociologiques favorables, et c’est vrai que ça compte, mais c’est surtout le désir qui est déterminant. Et si je nomme ce désir-là, c’est qu’il y a une volonté de créer quelque chose de beau, d’échapper ou de désobéir à une forme d’ennui prescrit. L’art, la poésie, la créativité, c’est une façon de voir les choses avant d’être une chose. C’est dans « comment » on vit sa vie que commence la démarche artistique.

L’artiste aux mille projets

Pour Mehdi, devenir co-porte-parole des Rendez-vous de la Francophonie est extraordinaire, inattendu et touchant. C’est le « retour du boomerang », dit-il, rappelant qu’il a sillonné le pays en 2009, alors qu’il jouait dans la pièce de théâtre Terre d’accueil dans le cadre des Rendez-vous de la Francophonie. Force est de constater que Mehdi a le profil d’un ambassadeur de la francophonie, lui qui a été chroniqueur à la radio et animateur d’une émission de télévision. Il a aussi travaillé auprès de personnes neurodivergentes.

Aller à la rencontre des autres semble être pour lui une seconde nature. En plus de faire du théâtre et d’écrire de la poésie, il a composé des bandes sonores et enregistré six albums. Par ailleurs, son intérêt pour les mots et les langues a sûrement quelque chose à voir avec sa maman, qui navigue elle-même dans le domaine des langues à titre de traductrice.

Cette discussion avec Mehdi Cayenne nous a fait voyager en Atlantique, à New York, où il vendait des sapins de Noël et où on le surnommait « Canada », puis au Maroc, où il a récemment fait une résidence d’écriture. Mehdi nous a aussi fait connaître son propre univers et le Cayenne Club, où toutes les personnes qui se sentent un peu différentes trouvent un « refuge de joie survoltée ».

Mehdi Cayenne a le vent dans les voiles : il brille aux Rendez-vous de la Francophonie, prépare un nouvel album et collabore avec l’un des partenaires du Portail linguistique, TFO (s’ouvre dans un nouvel onglet), dans le cadre d’un projet télévisuel.

Nous le remercions du temps qu’il nous a consacré malgré son horaire chargé et lui souhaitons d’excellents Rendez-vous de la Francophonie!

Avertissement

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En savoir plus sur Mélanie Guay

Mélanie Guay

Mélanie Guay est conseillère en communications au Portail linguistique du Canada. Après avoir obtenu un baccalauréat en enseignement et une maîtrise en éducation, elle a achevé un programme universitaire en études autochtones. Elle se passionne pour l’apprentissage, les communications et le Web, et elle saisit toutes les occasions pour créer des ponts entre les gens.

 

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