La langue, un moyen de tisser des liens

Publié le 8 septembre 2026

J’ai toujours considéré la langue comme un de nos outils les plus puissants. Plus qu’un simple moyen d’échanger de l’information, elle est une façon de tisser des liens avec les autres.

Ayant grandi dans un environnement multilingue et multiculturel, j’ai pu constater à quel point la langue façonne notre compréhension mutuelle. Comme beaucoup de Canadiennes et de Canadiens, j’ai connu ma part de succès et de défis dans mon parcours d’apprentissage des langues officielles. Et ce sont souvent les moments où l’on fait un effort supplémentaire pour comprendre ou se faire comprendre qui sont les plus marquants. C’est alors qu’une simple tentative de communication peut devenir une véritable occasion de créer des liens.

Or, la réalité canadienne repose entre autres sur de tels rapports humains. Nos deux langues officielles font partie intégrante de notre identité nationale, tout comme la possibilité pour les Canadiens et les Canadiennes de recevoir des services et de participer à la société dans la langue officielle de leur choix. Comme fonctionnaires, nous avons la responsabilité de concrétiser cet engagement à l’égard de la dualité linguistique au quotidien.

Pour nous acquitter de cette responsabilité, nous nous appuyons largement sur la technologie. Bien que les outils à notre disposition puissent nous aider à mieux communiquer, il faut aussi reconnaître leurs limites.

Les avantages de la technologie : l’intelligence artificielle peut nous aider

L’intelligence artificielle (IA) s’installe de plus en plus dans notre quotidien. En se chargeant des tâches routinières, elle peut avoir un effet libérateur et permettre aux spécialistes de se concentrer sur ce qui compte vraiment : la clarté, la qualité et la pertinence de la communication.

L’IA, et la traduction automatique en particulier, offrent une réelle valeur ajoutée. Elles nous aident à réaliser notre travail et à communiquer avec le public plus efficacement, et permettent aux fonctionnaires d’utiliser la langue officielle de leur choix. Utilisés à bon escient, ces outils renforcent notre capacité à offrir aux Canadiens et aux Canadiennes des services dans les deux langues officielles.

Cela dit, il est important de bien comprendre ce que ces outils ne peuvent pas faire.

La technologie a ses limites : ce que l’IA ne peut pas remplacer

La traduction ne consiste pas simplement à remplacer les mots d’une langue par ceux d’une autre. Elle exige de tenir compte du sens, du ton et du contexte. Quiconque a travaillé dans les deux langues officielles sait que la façon d’exprimer un message peut changer radicalement la façon dont il est reçu. La traduction automatique peut nous donner un point de départ, mais elle ne peut pas se substituer au jugement et à la sensibilité culturelle que seuls les humains possèdent.

Cette distinction a son importance, car l’utilisation de la langue est aussi une question d’inclusion. La force du Canada réside dans sa diversité, et lorsque nous prenons soin de bien communiquer, nous créons un environnement où les gens se sentent considérés et respectés.

Dans mon domaine, je peux constater que la langue joue un rôle primordial dans l’établissement de relations de confiance. Des renseignements confus ou mal interprétés créent de l’incertitude, et certaines personnes peuvent exploiter cette situation. Une mauvaise communication risque de créer des blocages, des malentendus et des angles morts.

C’est une réalité qu’il ne faut pas perdre de vue lorsque nous adoptons de nouvelles technologies.

L’importance d’utiliser l’IA avec précaution

Le fait de reconnaître que l’IA a des limites ne diminue en rien sa valeur. L’important est d’en faire une utilisation réfléchie et responsable.

Il y a des contextes où il est pertinent d’utiliser l’IA, et d’autres où ce n’est pas le cas. Nous devons respecter des normes rigoureuses en nous assurant que l’information produite est gérée de façon responsable, et qu’elle est exacte, fiable et équivalente dans les deux langues officielles. Cela exige de réfléchir à la façon dont l’information est utilisée et protégée quand nous mettons à profit de nouvelles technologies.

Par-dessus tout, il est de notre devoir de préserver la confiance de la population canadienne à l’égard de ses institutions. Or, cette confiance se bâtit entre autres grâce à la langue. Quand un Canadien ou une Canadienne interagit avec son gouvernement, cette personne s’attend à être comprise et à comprendre ce qui lui est dit. Les progrès de la technologie ne diminuent en rien ces attentes.

Conclusion

Les outils changent, mais le principe reste le même : si la machine peut nous aider à communiquer plus rapidement, seul un être humain peut garantir la clarté, l’exactitude et la pertinence du message. La langue permet de tisser des liens. Elle nous aide à nous comprendre, à établir des relations de confiance et à favoriser l’inclusion.

Ce ne sont pas les machines qui s’expriment, c’est nous. C’est donc notre responsabilité de communiquer avec l’attention et le respect que méritent les Canadiennes et les Canadiens, et ce, dans les deux langues officielles.

Pour en apprendre davantage sur la plume d’or, visitez La plume d’or : une activité du blogue Nos langues.

Avertissement

Les opinions exprimées dans les billets et dans les commentaires publiés sur le blogue Nos langues sont celles des personnes qui les ont rédigés. Elles ne reflètent pas nécessairement celles du Portail linguistique du Canada.

En savoir plus sur Caroline Xavier

Caroline Xavier

Caroline Xavier est chef du Centre de la sécurité des télécommunications Canada, l’organisme national de cryptologie chargé de la cybersécurité et du renseignement électromagnétique étranger. Forte d’une vaste expérience au sein de la fonction publique fédérale, elle accorde une grande importance au leadership, à l’inclusion ainsi qu’au rôle grandissant des technologies dans la sécurité nationale. Elle voit la langue comme un puissant outil permettant de créer des liens entre les personnes et de favoriser le dialogue entre les cultures et les collectivités.
 

Rechercher par thèmes connexes

Vous voulez trouvez d'autres billets portant sur les mêmes thèmes? Cliquez sur un lien ci-dessous pour voir tous les billets du blogue Nos langues portant sur le thème choisi. Les résultats de recherche s’afficheront dans le Navigateur linguistique.

 

Écrire un commentaire

Veuillez lire la section « Commentaires et échanges » dans la page Avis du gouvernement du Canada avant d’ajouter un commentaire. Le Portail linguistique du Canada examinera tous les commentaires avant de les publier. Nous nous réservons le droit de modifier, de refuser ou de supprimer toute question ou tout commentaire qui contreviendrait à ces lignes directrices sur les commentaires.

Lorsque vous soumettez un commentaire, vous renoncez définitivement à vos droits moraux, ce qui signifie que vous donnez au gouvernement du Canada la permission d’utiliser, de reproduire, de modifier et de diffuser votre commentaire gratuitement, en totalité ou en partie, de toute façon qu’il juge utile. Vous confirmez également que votre commentaire n’enfreint les droits d’aucune tierce partie (par exemple, que vous ne reproduisez pas sans autorisation du texte appartenant à un tiers).

Participez à la discussion et faites-nous part de vos commentaires!

Commentaires

Les commentaires sont affichés dans leur langue d’origine.

Lire les commentaires

Soumis par Christine M. le 11 septembre 2026 à 8 h 50

Merci, chef Xavier, pour ce billet inspirant et pour votre engagement sincère envers nos deux langues officielles. Vous incarnez avec authenticité les valeurs du bilinguisme et de la dualité linguistique canadienne. ❤️

Soumis par Sammy Mwakio le 15 septembre 2026 à 0 h 14

Je partage le même point de vue avec Mme. Xavier surtout là où elle a souligné que « La traduction automatique peut nous donner un point de départ, mais elle ne peut pas se substituer au jugement et à la sensibilité culturelle que seuls les humains possèdent. »
Français