Répondre à un commentaire du billet « Respecter la non-binarité de genre en français »

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Soumis par Thomas LAFEUILLE le 21 novembre 2021 à 8 h 19

Bonjour M. AUSSANT,
Je voudrais infirmer l'affirmation suivante : "les personnes non-binaires francophones sont les mieux placées pour se prononcer sur les stratégies à employer", comme si cette question ne pouvait pas intéresser d'autres profils.
A dire vrai, je n'ai qu'un avis mitigé sur la théorie du genre qui proclame une distinction nette entre sexe (biologie) et genre (construction sociale), pour la trouver simplificatrice.
Je ne conteste pas l'existence au sein du corps social d'une pression de catégorisation par stéréotypes sociaux genrés, je conteste leur pertinence tout court. Être homme ou femme socialement, j'ai décidé de m'en abstraire totalement et de m'en contrefoutre. Pour moi, ça ne veut rien dire ; je suis "Moi", point barre.
Suis-je alors non-binaire ? Suivant l'appréciation signifiante du mot, cela se pourrait, ou non.
Certans militanz du genre se plaisent à me catégoriser parmi les cis-genres, ce que je réfute naturellement, refusant de m'assigner une identité de genre.
Pourtant, je n'ai aucune difficulté à employer le genre grammatical masculin pour moi-même, pour la simple raison que mon type sexuel est sans ambiguïté celui du mâle.
Bref, toutes ces catégorisations ne sont pas si simples, et sont abusivement utilisées par touz pour leur agenda militant.
Suis-je toutefois disqualifié pour me prononcer sur lesdites stratégies à employer ?
Je ne crois pas, dans le sens que l'absence de genre neutre en langue française pose problème, de n'importe quel point de vue d'où l'on se place. Pour moi, c'est un sujet d'intérêt général de la langue française qui intéresse tous ses locutaires.
J'ai écrit un texte pour une amie enceinte au décès de sa mère, que j'appréciais beaucoup. J'ai choisi comme narrateur son foetus, et je me suis trouvé bien embêté, nulx ne connaissant à ce stade le sexe de l'enfant.
J'avais donc bien besoin d'un neutre, pourtant inexistant en langue française. J'ai donc opté pour le système "Al" proposé et expérimenté par Alpheratz qui était parfaitement pertinent en l'espèce, et cela sans dénaturer la structure du français standard contemporain (et donc lisible et acceptable pour quasi n'importe quelx locutaire).