Répondre à un commentaire du billet « La langue de la musique »

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Soumis par François Tardif le 21 avril 2020 à 22 h 13

Je suis d’accord avec un peu tout ce que dit ce billet, mais laissez-moi divaguer un peu plus sur cette « langue de la musique ». Je crois qu’on peut s’entendre pour dire que la musique n’a pas besoin de paroles pour véhiculer des émotions. J’ai l’impression que la musique agit sur une partie du cerveau et que les mots, comme la poésie d’ailleurs, agissent sur une autre. Le texte peut ainsi contribuer à l’appréciation de la musique chantée, comme vous le dites, mais pas nécessairement.
L’important, selon moi, est que la musique avec ou sans parole « vienne nous chercher », peu importe comment! D’un côté, il y a la mélodie, qui joue sur les émotions primaires de n’importe quel être vivant (incluant les animaux) et, de l’autre, il y a le texte qui s’adresse à notre raison d’abord et qui vient complémenter et nous transmettre, plus ou moins exactement, les émotions senties par l’auteur(e). Ces émotions musicales et littéraires se fondent ensuite ensemble et s’ancrent dans notre mémoire à long terme tel que sur un disque dur. Qui ne se rappelle pas après vingt ans, trente ans ou plus des chansons qui ont fait notre jeunesse et des émotions qu’elles nous font revivre? Même les gens ayant troubles cognitifs s’en rappellent...
Pour ce qui est de la préférence à écouter une langue ou une autre, ce pourrait avoir à faire avec différents facteurs très subjectifs : la sonorité, comme vous le mentionnez, la proximité ou pas de certains phonèmes de notre propre langue, mais aussi notre curiosité de les apprécier ou pas, notre culture, notre exposition et notre intérêt pour la culture d’autres peuples, et notre ouverture d’esprit. Évidemment, culture, langue et politique sont intimement liés. Plus une culture est expansive et omniprésente, plus elle aura les moyens de faire rayonner sa langue et ses produits culturels, ce qui lui donnera plus de prestige et de chance d’influencer le goût d’un plus grand nombre d’auditeurs(trices).
Pour moi, le but de la musique n’est pas non plus de transmettre à tout prix fidèlement l’état d’âme de l’auteur(e), car la personne qui écoute peut « interpréter » une émotion différemment selon son contexte de vie, sa culture, son éducation, etc. L’auteur(e) même peut jongler entre différentes émotions ou sentiments au moment de créer et se rendre compte, par après, de la distance entre son premier jet et le « produit final ». Puis les auteur(e)s ne disent-ils(elles) pas qu’une fois composées leurs chansons, elles ne leur appartiennent plus?