Soumis par Phyllis Dalley le 9 mars 2025 à 14 h 53
Bien qu'il soit vrai que les personnes de la Baie Sainte-Marie en Nouvelle-Écosse ont tendance à dénigrer leur français parlé, ce français n'est pas qu'un mélange du français et de l'anglais. Comme le chiac, que l'on réduit au mélange entre ces deux langues, l'acadjonne est une variété du français dans lequel nous trouvons des mots que l'Académie française considère vieux, mais selon qui, quelle norme ? Le problème n'est pas le chiac (qui inclus des mots "français" du 16e siècle, mais également des mots propres au territoire qui à vu cette pratique langagière naitre) ou l'acadjonne sont des variétés vieillies ou ayant subi l'influence de l'anglais, mais bien que les personnes chiacs et acadjonne sont marginalisées par l'Académie et l'Office, ces deux institutions qui ont le pouvoir de décider ce qu'est un mot ou une structure vielli et quel mot de la langue anglaise il est permis d'utiliser en français. Je ne vais jamais faire du shopping ou chercher un parking, pourtant, ces emprunts de l'anglais ont trouvé leur place dans les dictionnaires de la France.
On ne peut pas parler des variétés du français parlées au Canada ou ailleurs sans reconnaitre que la valeur accordée aux différentes variétés dépend du positionnement social des locuteurices de ces variétés. Le français standard français ou québécois ne sont que des variétés du français parlées par l'élite littéraire et intellectuelle de leurs pays. Ces élite ont, avec le concours des grammairiens, le pouvoir d'imposer leurs pratiques, surtout écrites, comme norme.