Enchanté : rencontre avec les oiseaux

Publié le 22 juillet 2024

Si les oiseaux sont les messagers
Alors quel est leur message?
Dois-je être triste ou joyeux?
Est-il question du pire ou du mieux?
Qui suis-je pour en juger?
Mieux vaut peut-être les ignorer
Mais il me réveille la nuit, mon cerveau inquisiteur
Annoncent-ils la pluie, prédisent-ils le malheur?
Leurs refrains devancent l’aube et chassent mon émoi
S’infiltrent dans mes rêves, me transportent au cœur des bois
Entouré de verts tendres
Bercé par la flûte des grives
Emmené dans un havre où je me réfugie
Quand le message s’appesantit

L’ornithologie en plusieurs langues

J’ai eu la chance d’apprendre d’autres langues que l’anglais, notamment le français, l’espagnol et le portugais. Cet apprentissage linguistique a bénéficié de ma passion pour les oiseaux. Chaque fois que je voyage, j’essaie d’apprendre quelques noms d’oiseaux dans la langue locale. Je connais même des noms d’oiseaux dans les dialectes cris parlés autour de la baie James, dans le Nord de l’Ontario et du Québec, où j’ai eu la chance de travailler. Le fait est qu’il y a des personnes intéressées par les oiseaux partout dans le monde. Si vous prenez le temps d’apprendre quelques noms d’oiseaux dans la langue locale, vous aurez de quoi lancer une conversation, et qui sait où elle pourrait mener?

Une fois que l’on connaît le nom d’une espèce dans plusieurs langues, on s’aperçoit parfois que celui de notre langue maternelle n’est pas notre préféré. Prenons l’exemple des colibris, une grande famille de petits oiseaux au bec fin et pointu, au battement d’ailes très rapide, qui sont capables de faire du surplace pour extraire le nectar des fleurs. Au Québec, cet oiseau est souvent appelé oiseau-mouche, en raison de sa petite taille. En espagnol, il porte le même nom qu’en français (colibri) et en portugais, on l’appelle beija-flor, littéralement « embrasse-fleur », nom que je préfère à l’anglais hummingbird (« oiseau bourdonneur ») ou à oiseau-mouche.

Le pouvoir réconfortant de la nature et des oiseaux

J’ai l’impression d’être l’une de ces personnes chanceuses qui entretiennent un rapport privilégié avec la nature. C’est dur à mettre en mots, mais ce n’est pas une banale sensation. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours voulu en savoir plus sur les êtres avec qui je partage l’air, l’eau et le sol. Plus je les connais, plus je sens que je fais partie d’un tout et moins je me sens seul.

Apprendre le nom des oiseaux, des autres animaux, des plantes et des champignons qui m’entourent m’a ouvert une fenêtre sur la grande famille du vivant. Il ne s’agit pas seulement de voir la vie qui nous entoure, mais aussi de l’entendre. C’est peut-être ce qui distingue les oiseaux à mes yeux : ils chantent, et nous les entendons. Mieux encore, leurs chants ne sont pas simplement un moyen de communication qui nous dit qui ils sont et ce qu’ils font. Le chant des oiseaux est une musique, et la musique nous touche au cœur et fait naître des émotions.

L’un des moments où le chant des oiseaux m’a le plus marqué s’est produit lorsque j’avais huit ans, peu de temps après le décès de ma mère. Nous étions chez notre révérend. Je crois qu’il tentait de réconforter ma famille – mon père, mon frère de 11 ans et moi-même. Je me souviens qu’il nous faisait jouer un disque de chants d’oiseaux. Cela a eu un grand effet thérapeutique sur moi. Est-ce à ce moment que ma fascination pour les chants d’oiseaux a commencé, ou cela a-t-il simplement renforcé un penchant existant? La deuxième hypothèse me semble la plus probable, car la plupart des souvenirs que j’ai de ma mère sont des souvenirs où nous sommes dans la nature. Aujourd’hui encore, rien n’élève plus mon cœur que le chant des oiseaux.

Quelques années plus tard, adolescent et toujours fasciné par les oiseaux, je me souviens d’avoir été obsédé à l’idée d’identifier un chant mystérieux, un air de flûte poignant qui se faisait entendre dans la forêt où je promenais notre chien, Hippy. Il m’a fallu quelques années, et mes premières jumelles, pour enfin réussir à repérer la source de ce chant envoûtant : une grive des bois. Écoutez-le et vous me comprendrez. Jamais les humains n’auraient pu créer un son aussi sublime.

L’ornithologie un jour, l’ornithologie toujours

Aujourd’hui, les personnes qui me connaissent savent que je suis « toujours » en train de faire de l’ornithologie. Mon radar auditif n’est jamais éteint. Si j’entends un oiseau chanter, ou même émettre une simple note d’appel, je l’écoute attentivement et j’essaie de l’identifier. Même quand je suis endormi, si le chant des oiseaux se fraie un chemin dans ma chambre ou dans ma tente, il se mêle à mes rêves. Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai identifié un chant d’oiseau dans mes rêves avant de me réveiller et d’entendre le même oiseau chanter à proximité.

Les oiseaux ont été une bénédiction dans ma vie. J’en suis persuadé, la nature transcende toutes les espèces, et elle est bien plus intelligente que nous ne pourrons jamais l’être. La nature n’a pas besoin de nous, mais nous avons besoin d’elle.

Avertissement

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En savoir plus sur Ted Cheskey

Ted Cheskey

Ted est titulaire d’un baccalauréat en études environnementales et d’une maîtrise en planification régionale et gestion des ressources de l’Université de Waterloo. Spécialiste des oiseaux, il a contribué à la rédaction de rapports marquants dans le domaine : L’état des populations d’oiseaux du Canada (2012 et 2019) et État des populations d’oiseaux de l’Amérique du Nord (2016). Ted est également l’auteur ou le coauteur de nombreuses autres publications et présentations sur la conservation des oiseaux. Passionné de plein air et amoureux de la nature, il aime observer les oiseaux, faire du vélo et du canoë, récolter des champignons, cuisiner et faire du ski de fond avec sa femme, sa famille et ses amis.

 

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